C. Chassanite, professeur de Lettres Classiques, et ses élèves latinistes de Bretagne.











mercredi 2 septembre 2020

Jean Paul II défenseur du latin

ALLOCUTIO IOANNIS PAULI PP. II
AD EOS LECTISSIMOS VIROS, QUI PRAESUNT OPERI FUNDATO «LATINITAS», AD VICTORESQUE “CERTAMINIS VATICANI” XXI, UNA CUM CARD. PERICLE FELICI CORAM ADMISSOS

Die XXII mensis Novembris, anno Domini MCMLXXVIII


Venerabilis Frater Noster ac dilecti fìlii,

LIBENTER VOS SALUTAMUS, qui linguae Latinae excolendae et provehendae operam datis: nominatim Venerabilem Fratrem Nostrum Periclem Cardinalem Felici, qui Romani huius sermonis cultor peritissimus esse cognoscitur, moderatores et socios Operis Fundati, quod, “Latinitas” appellatum, a Paulo VI, Decessore Nostro bonae memoriae, provido consilio est conditum; ex quibus nonnulli in Nostra Secretaria Status documentis Latinis componendis insistunt; necnon victores Certaminis Vaticani vicesimi primi.

Quod quidem Certamen, Pio XII probante et iuvante olim institutum, valde laudamus, cum linguae Latinae studiosos excitet ad impensiorem eiusdem sermonis cognitionem et usum.

Non est qui ignoret haec tempora studiis Latinis minus favere, cum homines, qui nunc sunt, in artes technicas sint procliviores et sermones vulgares habeant potiores. Verumtamen nolimus a gravibus documentis Decessorum Nostrorum discedere, qui momentum linguae Latinae, hac etiam aetate, maxime quod at Ecclesiam attinet, saepius in luce posuerunt.Est enim sermo Latinus lingua quaedam universalis, nationum fines transcendens atque talis, ut Sedes Apostolica in litteris et actis, ad universam Familiam catholicam spectantibus, eo adhuc firmiter utatur.

Est etiam animadvertendum fontes disciplinarum ecclesiasticarum maximam partem lingua Latina esse conscriptos. Quid vero dicendum de praeclaris operibus Patrum aliorumque magni nominis scriptorum, qui hunc ipsum sermonem adhibuerunt? Verae quidem scientiae compos non est putandus, qui linguam eiusmodi scriptionum mente non comprehendit, sed solum versionibus, si quae sunt, niti debet; quae tamen raro plenum sensum textus primigenii praebent. Hac de causa Concilium Vaticanum Secundum sacrorum alumnos merito monuit: “eam linguae Latinae cognitionem acquirant qua tot scientiarum fontes et Ecclesiae documenta intellegere possint”.

Ad iuvenes ergo imprimis convertimur, qui hac aetate, qua litterae Latinae et humanitatis studia multis locis, ut notum est, iacent, hoc veluti Latinitatis patrimonium quod Ecclesia magni aestimat, alacres accipiant oportet et actuosi frugiferum reddant. Noverint ii hoc Ciceronis effatum ad se quodam modo referri: “Non... tam praeclarum est scire Latine, quam turpe nescire”.

Omnes autem vos, qui hic adestis, et socios, qui vobis opitulantur, adhortamur, ut pergatis nobilem laborem et attollatis facem Latinitatis, quae est etiam, licet arctioribus quam antea finibus circumscriptum, vinculum quoddam inter homines sermone diversos. Scitote beati Petri in summo ministerio apostolico successorem incepti vestri felices exitus precari, vobis adesse, vos confirmare.Cuius rei auspex sit Apostolica Benedictio, quam vobis singulis universis libentissime in Domino impertimus.

© Copyright 1978 - Libreria Editrice Vaticana

Devise de Jean Paul II




DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CONCOURS
ORGANISÉ PAR LA FONDATION « LATINITAS »

Lundi 27 novembre 1978

Vénérables frères et chers fils,

Nous sommes heureux de vous saluer, vous qui cultivez et promouvez le latin et en particulier notre vénérable frère le cardinal Pericles Felici, dont chacun sait qu’il est un grand spécialiste de cette langue romaine. Les dirigeants et les membres de la fondation Latinitas, opportunément créée par Paul VI, notre prédécesseur d’heureuse mémoire (certains d’entre eux travaillent à notre secrétairerie d’État pour la rédaction des textes latins) ; et les lauréats du 21e concours du Vatican.

Nous faisons un vif éloge de ce concours, institué avec l’approbation et l’aide de Pie XII, car il incite les latinistes à une connaissance et une pratique toujours meilleures du latin.

Personne ne l’ignore, les temps actuels sont peu favorables à l’étude du latin. Les hommes d’aujourd’hui sont davantage portés vers les techniques et les langues vulgaires. Nous ne voulons cependant pas nous écarter des graves documents de nos prédécesseurs qui ont souvent souligné l’importance du latin, aujourd’hui encore, surtout dans l’Église. Le latin est en effet une langue universelle, qui ne connaît pas de frontières, et le Siège apostolique lui demeure fermement attaché pour les lettres et les documents s’adressant à toute la famille catholique.

Il faut aussi rappeler que la plupart des sources des disciplines ecclésiastiques sont rédigées en latin. Et que dire des grandes œuvres des Pères et d’autres auteurs éminents qui ont utilisé cette langue ? On ne peut considérer comme un vrai scientifique celui qui ne sait pas lire ces écrits dans leur langue originale, mais ne peut recourir qu’à des traductions, lorsqu’il en existe ; et il est rare que celles-ci rendent pleinement le sens du texte original. Aussi, le IIe Cocile du Vatican avait-il demandé que les séminaristes « acquièrent la connaissance de la langue latine, qui leur permettra de comprendre et d’utiliser les sources de tant de sciences et les documents de l’Église. » (Décr. Optatam totius, 13.)

Aujourd’hui où, en beaucoup d’endroits, l’étude du latin et des humanités est en déclin, comme chacun le sait, nous nous adressons avant tout aux jeunes : qu’ils accueillent volontiers ce patrimoine de la latinité que l’Église a en grande estime et qu’ils le fassent fructifier avec ardeur. Qu’ils considèrent comme adressées a eux ces paroles de Cicéron : « Il est moins glorieux de ne pas savoir le latin que honteux de ne pas le savoir. » (Brutus, 37, 140.)

Mais à vous tous qui êtes ici et à vos collaborateurs nous demandons de continuer votre noble travail et de reprendre le flambeau de la latinité, qui est aussi, bien que dans des limites plus étroites qu’autrefois, un lien entre des hommes de différentes langues. Sachez que le Successeur de Pierre dans le ministère apostolique suprême vous souhaite un heureux succès dans vos travaux, qu’il est auprès de vous et qu’il vous soutient. En gage de quoi nous vous donnons volontiers dans le Seigneur, à tous et chacun de vous, notre bénédiction apostolique.

© Copyright 1978 - Libreria Editrice Vaticana                            


lundi 10 août 2020

Le site archéologique du Fâ

Situé dans le département de la  Charente-Maritime, le site archéologique du Fâ fut remarquablement fouillé et documenté. Son actuelle mise en valeur est un modèle. 
Un remarquable dossier pédagogique existe, qui comprend une présentation archéologique et historique précise : https://www.fa-barzan.com/wp-content/uploads/2019/06/Dossier-pedagogique-2018-2019.pdf

Voici quelques photos de la maquette qui reconstitue la zone d'habitation, et quelques photos des objets reconstitués par  l'archéologie expérimentale.
Enfin, et ce n'est pas négligeable de nos jours, l'accueil est assuré par des passionnés, universitaires, faisant preuve d'une compétence et d'une amabilité rares. 





Nous voici dans la tente d'un légionnaire.


Près du vexillum : le cep du centurion. 




Enfin, la reconstitution d'une section de tuyauterie en poterie. 






samedi 13 juin 2020

Basilique Santo Martino ai Monti


Pour les amoureux de la Rome secrète et souterraine, cette église ancienne, d'abord titulus, c'est-à-dire demeure d'un particulier qui la prêtait pour le culte, représente une visite pleine de charme et de tranquillité. Les gardiens sont d'agréables retraités, et  rares sont les visiteurs. 
J'espère qu'on voudra bien me pardonner les maladresses de traduction : le livre d'Ivana della Portella n'a pas de version française. 


Sorvegliata dalle torri dei Capocci, la basilica di San Martino ai Monti svetta con la sua abside in cima all’Esquilino, fondando le sue radici massicci blocchi di tufo delle mura di Servio. E costituisce, con il suo particolare assetto, uno dei tipici esempi romani di quel continuum storico-architettonico che dall’epoca imperiale giunge sino a oggi.
La stratificazione dei livelli – che parte dagli inizi del III sec. d.C. – risulta di notevole interesse per la storia del cristianesimo primitivo, poiché, probabilmente, fu qui che sorse l’originario titulus Equitii, ovvero la prima chiesa titolare di Equizio.
Il titolo di Equizio occupa il sottosuolo della chiesa di san Martino ai Monti ed è raggiungibile dalla cripta. Tuttora è incerto se si sia impiantato su un edificio preesistente (alcuni ipotizzano un mercato coperto) o se, invece, sia sorto, nel III secolo, per esigenze del culto. Le prime notizie al riguardo provengono dal liber pontificalis, il quale ci informa che si tratta di un titolo costantiniano legato al nome del pontefice Silvestro i cui noti prodigi sono illustrati nel vivace svolgimento narrativo degli affreschi dell’oratorio dei Santi Quattro Coronati. Le ultime citazioni risalgono al secolo VIII, indi, per vario tempo, la memoria di questo titolo originario si perse. Fu soltanto in occasione dei restauri secenteschi che, l’allora priore del monastero di San Martino disvelò il sepolto titolo descrivendone in maniera minuziosa tutta la decorazione. L’eco del ritrovamento fu tale che il cardinale Barberini decise di far eseguire copia di tutti gli affreschi in un codice che si conserva nella Biblioteca Vaticana.
L’area sotteranea si presenta in forma di rettangolo irregolare con l’asse orientato quasi in direzione est-ovest. Due file di grossi pilastri sud-dividono l’aula in undici vani nei quali è possibile rintracciare tre tipi di muratura, corrispondenti ad altrettanti tempi di edificazione. In realtà, l’aula originariamente non doveva presentarsi così suddivisa, ma con un grande salone rettangolare coperto da una pavimentazione musiva a tessere bianche e nere con motivo a scacchiera (ancora oggi visibile in alcuni punti). Il tutto era rivestito d’intonaco affrescato e contiguo a un cortile (oggi in parte visibile sul nord-ovest). Il complesso si estendeva poi per altri due piani superiori (in seguito demoliti) di cui uno sotterraneo. Poteva trattarsi di un caseggiato, forse una insula con appartamenti di lusso, o di un mercato coperto. A un certo punto l’edificio ebbe una profonda trasformazione in senso cristiano. Brani ad affresco con scene della vita di Cristo decorarono quegli ambienti e tutta una suppelletile marmorea rivestì l’interno.

Portella I. della, Roma sotteranea, Roma, Arsenale Editrice, 2012, p. 132 et 134.

Gardée par les tours des Capocci, la basilique de San Martino ai Monti dresse son abside au sommet de l'Esquilin, faisant reposer ses fondations  sur les blocs massifs de tuf des murs de Servius. Et elle constitue, avec sa structure particulière, l'un des exemples romains typiques de cette continuité historique architecturale qui va de l'époque impériale jusqu'à nos jours.
La stratification des niveaux - qui commence au début du troisième siècle av. J.C. - présente un intérêt considérable dans l'histoire du christianisme primitif, car c'est probablement ici que naquit le titulus Equitii d'origine, ou la première église d'Equizio. La maison religieuse (titulus) d'Equitus occupe le sous-sol de l'église de San Martino ai Monti et est accessible depuis la crypte. On ne sait toujours pas si elle a été implantée sur un bâtiment préexistant (certains historiens supposent sur un marché couvert) ou si elle est apparue, au IIIe siècle, pour les besoins du culte. Les premières informations à cet égard proviennent du liber pontificalis, qui nous informe qu'il s'agit d'une maison religieuse de l’époque constantinienne liée au nom du Pape Silvestre, dont les prodiges bien connus sont illustrés dans les fresques narratives très vivantes de l'oratoire du Santi Quattro Coronati. Les dernières informations remontent au VIIIe siècle, puis, à différentes époques, la mémoire de ce titulus original s'est perdue. Ce n'est qu'à l'occasion des restaurations du XVIIe siècle que le prieur d'alors du monastère de San Martino a révélé le titulus enterré en décrivant sa décoration dans les moindres détails. L'écho de la découverte a été tel que le cardinal Barberini a décidé de faire copier toutes les fresques dans un livre conservé à la Bibliothèque du Vatican.
 La zone souterraine a une forme rectangulaire irrégulière avec l'axe orienté presque est-ouest. Deux rangées de grands piliers divisent la salle principale en onze pièces dans lesquelles il est possible de retrouver trois types de maçonnerie, correspondant à autant d’époques  de construction. En réalité, la salle principale ne devait pas être aussi divisée à l'origine, mais avec une grande salle rectangulaire recouverte d'un sol en mosaïque faite de tesselles noires et blanches en damier (encore visible à certains endroits aujourd'hui). Le tout était recouvert de plâtre orné de fresques, attenant à une cour (aujourd'hui partiellement visible au nord-ouest). Le complexe s'est ensuite étendu à deux autres étages supérieurs (démolis plus tard), dont l'un est souterrain. Cela aurait pu être un immeuble, peut-être une insula avec des appartements de luxe, ou un marché couvert. À un moment donné, le bâtiment a subi une profonde transformation pour le rendre d’aspect chrétien. Des fresques avec des scènes de la vie du Christ décoraient ces pièces et un revêtement en marbre couvrait l’intérieur.



La situation de la basilique dans l'ensemble du quartier (source : Boaga 1983)


Davant l'autel : l'entrée de la crypte ; en pointillés, le souterrain qui conduit à la basilique du IIIe siècle. 


(Source : Boaga 1983.)




































Aillon J.d'Rome 1202 : Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, Paris,  Flammarion, 2013. 
Boaga E., "Il complesso titolare di S. Martino ai Monti in Roma", in Fois M, Litva F., Monachino V. (ed), Dalla Chiesa antica alla Chiesa moderna, Miscellanea per il 50° della facolta di storia ecclesiastica della Pontificia Universita Gregoriana, Roma,  Gregorian Biblical Bookshop, 1983, p.  1-17.
Coarelli F., Guida archeologica di Roma, Roma, Mondadori, 1974, p. 206.
Landart PSur les traces de Rome, Rome, 2014, p. 283 et seq.
Portella I. dellaRoma Sotterranea, Roma, Arsenale Editrice, 2012, p.132-134.
Stendhal, Promenades dans Rome.  

lundi 27 avril 2020

Codex Mussolini


En septembre 2016,  plusieurs agences de presse annoncèrent hâtivement que des archéologues venaient de découvrir sous l'obélisque du Foro italico, à Rome, le testament politique de Musolini, rédigé en latin ; il était au secret depuis 84 ans.
Renseignement pris, je découvrais qu'il n'y avait jamais eu de fouilles archéologiques au Foro Italico, encore moins sous l'obélisque qui pèse 300 tonnes ; quant au testament politique, il était bien rédigé en latin, mais si peu secret que 2 organes de presse fascistes l'avaient publié en 1932, et que des concours de traduction  avaient eu lieu dans les lycées à l'époque.
Depuis, les journaux ont rectifié ces approximations, quelquefois en antidatant les articles désormais disponibles sur le net (par exemple  https://www.bbc.com/news/world-europe-37230455). Mais on peut encore lire des erreurs  manifestes, comme  ici  par exemple :
https://www.ilprimatonazionale.it/cronaca/mussolini-messaggio-posteri-49642/ : "La scoperta del testo (scritto in latino), scritto su pergamena, è opera di due studiosi olandesi, Bettina Reitz-Joosse dell'università di Groninga e Han Lamers dell'università di Lovanio, che lo hanno trovato seppoloto insieme a monete d'oro nel basamento del monumento, realizzato nel 1932 in occasione dei 10 anni dalla marcia su Roma. "
Tout ce bruit fut provoqué par une publication de deux  chercheurs néerlandais : Lamers Han, Reitz-Joosse Bettina, The Codex Fori Mussolini : A Latin Text of Italian Fascism, London, New York, Bloomsbury Academic, 2016. Jeunes chercheurs en histoire et en latin, ils ont ainsi assuré leur entrée dans les médias, et fortement accéléré leur carrière.
Les deux auteurs de l'ouvrage ont, à juste titre, beaucoup commenté le choix du monument, un obélisque, le replaçant dans la tradition architecturale romaine antique. Le transport du monolithe, en une seule pièce, fut un exploit que le latin du codex détaille d'ailleurs ; mais Lamers et Reitz-Joosse n'ont pas effectué le rapprochement de cette odyssée lithique, suivie par toute l'Italie de l'époque grâce aux actualités filmées,  avec le transport du rocher sur lequel, au XVIIIe siècle, le tsar Pierre le Grand fit installer sa statue équestre. De même, on se demande pourquoi ils ont omis de commenter cette baroque cérémonie d'enfouissement : les familiers de l'histoire romaine antique savent que le Forum Romanum fut de nombreuses fois le lieu d'enfouissements religieux. 
Quoi qu'il en soit, leur ouvrage est intéressant, notamment parce qu'il présente une version complète du Codex en latin, oeuvre d'un éminent latiniste de l'époque, Aurelio Giuseppe Amatucci (1867-1960), spécialiste de Plaute, et qui ne semble pas avoir souffert après-guerre de son passé fasciste. Pour l'anecdote, une rue existe encore à son nom dans le sud-ouest de Rome. Le Codex a été publié 4 fois dans les années 1930 : 2 fois dans des publications pour la jeunesse de l'organisation des Balillas, et 2 fois dans la célèbre revue pédagogique italienne Scuola e cultura (qui deviendra après-guerre Cultura e scuola). Le Codex, ce que nos auteurs néerlandais n'ont pas assez analysé non plus, est donc une production didactique destinée à la jeunesse fasciste contemporaine du Duce, mais aussi à la jeunesse future.
Voici, après les photographies,  la première moitié du texte latin, dont j'ai parfois un peu modifié la ponctuation ou quelques mots ; initialement, je voulais en fournir une traduction française, mais la présence de trop nombreuses majuscules destinées à honorer le dictateur Mussolini a fait disparaître ma bonne volonté. 

L'inauguration de l'obélisque, en 1932.
L'obélisque, à l'époque fasciste. 
En juillet 2019.

Rome, juillet 2019. 

Codex fori Mussolini

Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo

Virgilius, Ec. IV, 5.

Bellum maxime omnium memorabile quae unquam gesta essent ab anno MCMXIV ad annum MCMXVIII tota paene Europa exarsit, quod, cum et aliae gentes vel armis vel opibus pugnantes adiuvissent fereque omnes anxia mente fuissent, totius orbis terrae bellum factum atque appellatum est.
Huic quidem bello Itali, quamvis paulo ante tot post casus hostibus devictis tyrannisque expulsis denique in populi unius corpus liberi coaluissent seseque vix firmassent, cum populis qui pro rei publicae salute iure ac legitime, sed tum incerto Marte, pugnarent interesse statuerunt atque patriae fines ex aliorum dominatu vindicare. Veterum autem malorum memores et qua sunt virtute atque humanitate asperrima quaeque perpessi neque vitae neque impensae pepercerunt ubi sociisque victoriam comparerent, quam ingenti hostium exercitu profligato egregiam denique sunt adepti.
Sed hominum qui tum Italorum publicis rebus praeerant, alii ad civium vel exterarum gentium ambitiosas voluntates nimis pavidi, alii opinionum commentis deliri, utpote qui vel omnia civibus tribuerent nihil patriae vel patriam ipsam omnino esse negarent, pessime tam praeclara tantoque sanguine parva victoria usi Italiam in summum discrimen adduxerunt ut optimus quique civis eius saluti jam desperaret.

Ea tempestate caelesti quodam nutu atque numine VIR exstitit, qui singulari acie ingeni animoque firmissimo praeditus et ad omnia fortia facienda ac patienda paratus, non solum res inclinatas eversasque in pristinum restituere sed etiam Italiam illam, quam veteres Romani orbis terrarum lumen effecissent, Italis reddere divina mente concepit consiliisque facta adaequare est aggressus. Qui vir fuit

BENITUS MUSSOLINI.

Hic quidem cum primum patriae caritate victus bellum civibus acriter suasisset, deinde miles strenue in acie pugnasset sanguinemque effudisset, victoria parta fasces, qui veterum Romanorum pristinas virtutes adumbrarent, instaurandos decrevit atque instauravit.
Inter omnes quidem satis constat BENITUM MUSSOLINI, ex quo summam rerum suscepit, cum cives omnes suo sagaci subtilique sensu Italae gentis virtutum captos secum traheret, effecisse ut ii quam maximas utilitates ex belli victoria caperent atque inter ceteras gentes honestissimum locum obtinerent. Nec ullum fugit Illum diuturna controversia dirempta rei publicae Summi Romani Pontificis amicitiam iusto foedere conciliasse, patriae exercitum ornatissimum cum maritima et aeria classe quam optime instructa comparasse legemque tulisse ut qui aliquam artem profiterentur itemque fabricatores ac fabri omnes in collegia vel societates coirent, quae tamen cum re publica arte cohaerent ne causa esset quare odiis inter sese ac simultatibus conflictarentur et cum omnium civium detrimento in suis studiis atque operibus cessarent.
Praeterea puerorum et adulescentium disciplinam novis legibus et peropportunis institutis moderatus est, artium studia atque doctrinas omnino provexit ; Italiae urbes, in primis Romam, magnificis iisque utilibus aedificis exornandas, quam plurimas vias muniendas, cum omnium temporum tum maxime antiquitatis monumenta reficienda vel effodienda curavit. Agri culturae autem prospexit atque consuluit ita ut loca diu inculta et pestifera brevi feracia ac salubria fierent ; colonias armis praescriptique firmavit ; Italorum nummo stabile pretium fecit eosque quantum potuit angustiis, quibus ceterae gentes laborant, levavit.
Neque vero, cum tot tantaque negotia sustineat, celebrari vel tantum enumerari possunt singula quae gesserit ut res Italas omnino tutaretur, legibus emendaret, moribus ornaret utque cives omnes in officio contineret.
Denique tanti VIRI salubri consilio, summa prudentia, certissima voluntate, peropportuna opera rem publicam nunc demum habemus quae nulla erat a.d. V Kaal. Nov. a. MCMXXII, cum regnante Victorio Emanuelle III Itali sibi Italiam obtinuerunt novusque ab integro saeculorum ordo eis natus est.