M. Chassanite et ses élèves latinistes de Bretagne.











dimanche 2 septembre 2018

Christophe Charbonnel à Dinard

Le sculpteur nantais Christophe Charbonnel expose jusqu'au 30 septembre à la galerie Calderone, à Dinard. Mais huit de ses statues sont placées dans la ville, sur un parcours à effectuer à pieds, face à la mer.
En bronze ou en résine, il réinterprète les thèmes de la sculpture grecque avec une force qui impressionne l'observateur. 

Pour en savoir plus sur cet artiste : http://www.christophecharbonnel.fr


Poséidon


Thésée et l'Amazone

Athéna

Persée et Méduse

lundi 25 juin 2018

Voici le dernier numéro de notre journal scolaire en latin. Il est écrit par les latinistes de 4B, 4C, 4F et 4G.

Depuis 2016, et une réforme du collège destinée à faire disparaître le latin et le grec, je n'avais plus la possibilité d'effectuer ce projet. Cette année, grâce aux élèves, et à un regain d'optimisme, il renaît dans une nouvelle maquette.

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mardi 20 février 2018

Genesis

Voici, tirées de mes archives, des planches que j'avais oubliées : une bande dessinée finlandaise traduite avec les élèves de 3ème, il y a quelques années.

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dimanche 11 février 2018

Le cerf-volant dans l'antiquité grecque

L'objet "cerf-volant" n'existe ni en grec ancien, ni en latin. Pline connaît l'insecte, scarabeus lucanus, mais c'est tout. En grec moderne, le cerf-volant se dit χαρταετος ; le dictionnaire de latin moderne  Helfer (Saarbrücken 1991) le traduit par Draco volans

Puisque la chose n'est pas nommée, tous en ont conclu qu'elle n'existait pas.

Or un vase conservé au musée de Naples, et découvert au XIXème siècle à Nole, présente une jeune femme jouant avec une sorte de manche à air, ou peut-être un cerf-volant. 

H. Heydemann présente ainsi ce vase :  "Côté A. Une jeune fille, en chiton et manteau, fait voler un cerf-volant en regardant à droite ; elle court en riant". Ce vase n'est pratiquement jamais documenté ni commenté, seuls quelques rares articles le mentionnent parmi d'autres jeux auxquels les Grecs et les Romains se livraient. 

L'archéologie n'a bien sûr, étant donné la fragilité de ces objets, rien trouvé ; ces jeux, s'ils étaient réservés aux femmes et aux enfants, n'ont pas été représentés en peinture ou fresques, car jugés trop peu dignes d'intérêt. 


Image tirée du livre de Feldhaus F., Die Tecknik der Vorzeit, Leipzig, 1914, colonne 650.

Bibliographie :  

Feldhaus F., Die Technik der Vorzeit, Leipzig, 1914, colonne 650. 
Heydemann H., Die Vasensammlungen des Museo Nazionale zu Neapel, Berlin, 1872, p. 482.
Polge H.,  "La bisémie de fr. « cerf-volant »",  Romania, tome 93 n°372, 1972. p. 563-567.



mardi 31 octobre 2017

Les chapelles grecques des îles du Frioul à Marseille

Depuis le début du XIXème siècle la fièvre jaune provoquait des épidémies contre lesquelles les autorités ne savaient se prémunir. 29 000 soldats du corps expéditionnaire français étaient morts à St Domingue en 1802, et une nouvelle épidémie avait fauché 20 000 habitants de Barcelone en 1821.
Le gouvernement de Louis XVIII et les autorités sanitaires locales décidèrent donc la création d'un hôpital sur l'île de Ratonneau, une des îles du Frioul. 
L'archipel du Frioul est un ensemble de quatre îles au large de Marseille, dont la plus célèbre est l'île d'If censée avoir accueilli Edmond Dantès. 
La décision de construire fut prise en 1821, les plans  confiés à l'architecte Michel Robert Penchaud (1772-1833), dont l'activité était considérable à Marseille et dans les environs au début du XIXème siècle. Penchaud était aussi un antiquaire au sens ancien du terme puisqu'il possédait une belle collection de monnaies antiques. 




Plan de l'hôpital. Sources : http://l-estrangie-e-li-santoun.over-blog.com/2014/09/l-hopital-caroline-sur-l-ile-du-frioul.html


Projet de restauration avec une vue d'ensemble du site. A noter toutefois que seule une partie du site, actuellement en ruine, sera remis en état. Sources : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/marseille-de-la-grande-peste-aux-58682


Les travaux prirent fin en 1828. 
De nos jours, le visiteur est surpris de découvrir au centre de l'hôpital un temple grec sur un haut podium. Penchaud était certes un admirateur de l'art antique, comme tous les architectes de son temps, et les bâtiments aux larges arcades reflètent cette influence. A-t-il plagié l'architecture grecque ou une construction  antique aurait-elle préexisté à l'édification de l'hôpital ? 




Le temple grec est en fait une chapelle chrétienne du XIXème siècle, construite de toutes pièces. Les raisons d'un tel choix esthétique sont difficiles à établir, faute de documents d'époque ou de confidences faites par Penchaud. Le surélèvement de la chapelle permettait cependant aux malades d'observer la messe depuis les lits des établissements de soin situés autour. Ce serait donc le podium qui aurait fait naître l'idée d'une architecture antique pour la chapelle.



                                                                         
       
La seconde chapelle grecque, construite dans le même style que celle de l'hôpital, est appelée "chapelle de la quarantaine". Elle domine le port du Frioul, en contrebas de l'hôpital. Ouverte à tout vent, selon le principe de la chapelle du haut, elle permettait aux marins bloqués dans les bateaux consignés par la quarantaine de suivre de loin les offices. Mais elle était aussi un rappel des origines grecques de la ville, et représentait pour les  marins étrangers un premier aperçu sur la cité phocéenne. 

                       

                       


                                         

Sources : http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=13207_3


Les sources sont rares sur l'histoire de l'hôpital de l'île de Ratonneau. On peut cependant lire avec profit l'article suivant : L'hôpital Caroline par le Professeur Georges François, sur le site http://patrimoinemedical.univmed.fr/articles/article_hopitalcaroline_v2.pdf


vendredi 27 octobre 2017

Le snobisme culturel

Le snobisme de l'art moderne, caractérisé par une absence totale de discernement, ne frappe pas que la France, hélas. 
Pour une pas être en reste, les édiles de Rome ont régulièrement le désir de parsemer la ville de quelques objets à l'inutile laideur dont la seule excuse est la franche hilarité qu'ils provoquent parfois. Mais il est vrai que l'art moderne s'est opportunément affranchi de la notion de beau.

Ainsi, cet été, un "artiste", nous tairons son nom charitablement, disposa sur le Palatin quelques "productions" : mot adéquat, car phonétiquement proche de "pollution", et neutre, comme peuvent l'être ces choses sans intérêt ni but. 

Ces constructions, heureusement éphémères, n'abritaient pas d'expositions temporaires, contrairement à ce que pensaient certains touristes étourdis.

Convenons-en : le stade de Dioclétien est rendu nettement plus intéressant. 


Pourquoi n'y a -t-on pas pensé plus tôt : un spoutnik dans le palais d'Auguste !

Hélas, c'est régulièrement que les monuments antiques de l'admirable ville de Rome sont agressés par la bêtise moderniste. En 2013, les Case Romane del Celio avaient été encombrées par des installations superflues et envahissantes. La revue  italienne Artribune s'en faisait le triomphal écho.

                            


Ces deux dernières photographies sont tirées du site de la revue Artribune.com
Le responsable a un nom, mais peut-être vaut-il mieux ne pas le répandre.

dimanche 8 octobre 2017

Le domaine gallo-romain de Cesson-Sévigné

    Dimanche 17 septembre, l'INRAP s'est mobilisé pour accueillir les visiteurs sur le site  de la villa gallo-romaine de Cesson-Sévigné (35) près de Rennes. 
 
    La villa a été découverte lors de fouilles préventives, sur le site de la future  ZAC de ViaSilva, l'ambitieux projet urbain de la ville de Cesson -Sévigné. Les très nombreux curieux ont profité de cette nouvelle journée du patrimoine européen pour découvrir une villa du 1er siècle après J.C. installée sur 7 ha, comprenant une partie rustica et une partie urbana non encore fouillée. 

    La partie rustica n'est pas spectaculaire, car les bâtiments non rien de la sophistication des entrepôts d'Ostie. Seul le sol nous permet d'imaginer ce qu'étaient les emplacements des communs, des écuries et des hangars.

    Le domaine était au croisement de plusieurs routes antiques, dans cette partie nord de Condate. La route que l'on aperçoit sur les clichés ci-dessous, s'arrêtait à la porte du domaine ; au dominus, ensuite, de l'entretenir. Elle aboutissait d'ailleurs à des écuries, vastes, placées près d'une cour où les chariots et les équipages pouvaient descendre et manoeuvrer. 

    Mais les fouilles ont surtout permis la mise à jour de thermes privés remarquables par leur taille et leur caractère complet. Chauffés par hypocauste, les salles comprenaient toutes les salles habituelles, et un bassin d'eau froide.

    On attend avec impatience les fouilles de la partie urbana ; pour l'instant le champ sur lequel se situe la villa est non fouillé, pollué par des matériaux chimiques. Dans quelques semaines les excavations non en diront plus, nous apprendront peut-être qui était ce riche colon qui a créé de toutes pièces un vaste domaine  dans cette zone alors inexploitée. 


Une image du cabinet d'architectes chargé des plans de la ZAC.

Le plan des futurs aménagements.



Ces deux photos sont prises à l'endroit des entrepôts et des écuries.

En haut de l'image, derrière les rubans, la route venant de Fougères se termine.

Un tronçon de la route intégrée dans le domaine agricole.
Sur le sol, une trace de bombage par lequel les archéologues délimitent les zones à creuser.

Les thermes, depuis un drone.




Deux images de l'INRAP proposant une reconstitution, hypothétique mais probable, des thermes.

Sur cette carte des voies romaines d'Armorique, Condate apparaît bien comme un noeud routier.