M. Chassanite et ses élèves latinistes de Bretagne.











jeudi 30 mai 2019

La bibliothèque humaniste de Sélestat

Partout en Europe les bibliothèques se modernisent, ou plutôt changent de nature et de nom. Elles sont renommées "médiathèques" ; les outils multimédia, les ordinateurs, les digithèques, les vidéothèques, les audiothèques modifient leur fonction première, et gonflent artificiellement les chiffres de la fréquentation. Tous les professionnels le savent, désormais une part importante des utilisateurs (on parlerait plus volontiers de "clients" si l'on usait de l'actuel langage des gestionnaires néolibéraux) n'ouvre jamais un livre.  

La merveilleuse bibliothèque humaniste de Sélestat, en Alsace, dédiée au grand Humaniste Beatus Rhenanus (1485-1547) a donc été agrandie, modernisée, transformée en attraction touristique, avec exposition photo, et ordinateurs superflus à foison. Numériser le fonds et l'offrir aux savants de tous les pays ne nécessitait pas qu'on la dénature ainsi. Les livres sont dans des cages de verre, ou sont dématérialisés : un cercueil, aussi moderne qu'il soit, sent toujours la mort. 


Voici quelques images, maintenant difficiles à réunir, de l'ancienne bibliothèque.



















dimanche 19 mai 2019

Ostiensia 2019


Voici un article du  journal La Repubblica annonçant le spectacle de médiation culturelle qui se tient, chaque année, à Ostie, dans le Parco Archeologico.

Les photos sont tirées de l'édition romaine du journal Il Messaggero, sauf les trois dernières qui sont des photogrammes de la vidéo diffusée par  la Repubblica.

(La traduction est effectuée par mes soins, j'en appelle à la clémence des lecteurs pour les nombreuses fautes qu'elle contient).

























Ostiensia, le réveil de l'ancienne Ostie: le spectacle des 18 et 19 mai

L'ancienne Ostie se réveille. Samedi 18 et dimanche 19 mai, de 10h à 18h, les rues les plus commerçantes de l'ancienne colonie romaine s'animeront dès le matin. Des dizaines de bénévoles en tuniques colorées reconstitueront le passé et rouvriront les magasins à l'intérieur des tabernaeLes artisans s'occuperont de travailler le bois, le marbre, les briques et les métaux. Et ils expliqueront les métiers romains aux visiteurs en les associant à la composition d'une mosaïque ou à la réalisation  d'une fresque. Parmi les initiatives à ne pas manquer : le pistor, un boulanger avec un moulin et un four (via dei Molini) ; et dans la Via di Diana et le Balconi, approchez-vous de ceux qui proposent le lancement des alea, les dés avec lesquels même l'empereur Auguste s'est plu à jouer. Attractive aussi la présence du faber cervisiae qui, pour l'occasion, va s'occuper de préparer une bière pour les visiteurs. En plus des nombreux magasins ouverts, divers spectacles animeront également les rues de l'ancienne Ostie (à partir de 11h30 et, en reprise, à partir de 15h30) : du marché aux esclaves dans le forum à la frumentatio ou distribution de blé, sur la place des Lari, jusqu'au pugilatus, toujours sur la place mais seulement le dimanche.



Ostiensia, il risveglio di Ostia antica: lo spettacolo il 18 e 19 maggio

Ostia antica si risveglia. Sabato 18 e domenica 19 maggio, dalle 10 alle 18, le strade più commerciali dell'antica colonia romana si animano dal mattino. Decine di rievocatori in tuniche variopinte riaprono le botteghe all’interno delle tabernae. Gli artigiani saranno intenti a lavorare legni, marmi, laterizi e metalli. E spiegheranno i mestieri dei romani ai visitatori, coinvolgendoli nel comporre un mosaico o stendere un affresco. Tra le iniziative da non perdere : il pistor, panettiere provvisto di macina e forno (in via dei Molini)  ; e nella via di Diana e dei Balconi conviene avvicinarsi a chi offre il lancio degli alea, i dadi con i quali anche l'imperatore Augusto si dilettava a giocare. Suggestiva anche la presenza del faber cerevisiae, che per l'occasione sarà intento a preparare una birra ai visitatori. Oltre alle numerose botteghe aperte, ad animare le vie di Ostia antica anche diversi spettacoli (dalle 11.30 e, in replica, dalle 15.30) : dal mercato degli schiavi nel foro alla frumentatio, o distribuzione di grano, nella piazza dei Lari, fino al pugilatus, sempre in piazza ma solo domenica. 


vendredi 9 novembre 2018

Pompéi en automne


Depuis le 17 octobre de cette année 2018, les organes de presse du monde entier ont découvert que la date de l'éruption du Vésuve n'était pas celle que l'on croyait (le 24 août 79). Un ministre de la culture italien a conduit des journalistes devant une inscription et, vedette d'un jour, a révélé un graffiti daté du 17 octobre 79. Désormais les gros titres fleurissent, et les approximations aussi qui annoncent le 17 octobre 79 comme date de l'éruption, alors que le 17 octobre est la date à laquelle l'inscription au charbon a été écrite sur un mur. Le jour de l'éruption n'a pas changé, c'est toujours le neuvième jour avant les calendes, l'année n'a pas changé, seul le mois doit être corrigé en novembre.

Et alors ?

Et alors, sans même être un grand spécialiste de l'histoire romaine, il suffisait de lire quelques ouvrages de vulgarisation scientifique pour savoir déjà, depuis 7 ans, que cette éruption avait eu lieu en octobre. Je ne citerai aucun article d'aucune revue savante, mais simplement le numéro de Décembre 2011 de Sciences et Avenir, dans lequel Alix Barbet, archéologue bien connue de tous les amoureux de Pompéi, avait été interrogée à ce sujet. 

Voici l'article :

«On croyait savoir que l'éruption du Vésuve avait eu lieu le 24 août 79 [neuvième jour avant les calendes de septembre], mais des recherches très récentes et un faisceau d'observations de deux archéologues italiens, Grete Stefani et Michele Borgongino, permettent d'affirmer que la catastrophe a eu lieu le 24 octobre 79 », explique Alix Barbet. Ainsi, plusieurs copies de la lettre de Pline le Jeune (le neveu de Pline l'Ancien mort à Stables en voulant porter secours aux sinistrés du Vésuve), mentionnent le « neuvième jour avant les calendes de "novembre" », et non de septembre. Ensuite, les fouilles archéologiques ont montré que le chanvre destiné aux semences avait déjà été récolté, et que les vendanges étaient terminées, au moment de l'éruption. « Mais la preuve irréfutable provient de la découverte d'une monnaie », affirme Alix Barbet. Une monnaie de l'empereur Titus (39-81), retrouvée dans la maison du Bracelet d'or, à Pompéi, et qui se réfère à la 15e acclamation impériale pour ses victoires en Bretagne. « Or, ce titre n'existait pas encore en août 79 car la 14e acclamation figure sur deux documents trouvés l'un en Espagne l'autre en Egypte datés du mois de septembre », précise la spécialiste. « Il faut désormais corriger nos ouvrages et réhabiliter Dion Cassius, l'historien du IIe siècle de notre ère, qui avec raison, a toujours situé l'éruption après la 15e acclamation de Titus.»


Et puis, pour les amoureux de l'italien, voici quelques lignes tirées du livre d'Alberto Angela, I tre Giorni di Pompei, Rizzoli, 2016, dans le chapitre intitulé "La moneta d'argento in mano". Je choisis de citer la version italienne, car la version française est souvent plus proche du résumé que de la traduction : des pages entières ont disparu, et le ton d'Alberto Angela aussi. Voici en quels termes il décrit la monnaie d'argent de Titus.

"La prova più importante a favore dei sostenitori dell'eruzione nel periodo autunnale è strata ritrovata proprio nelle mani di una vittima, una donna morta assieme alla sua famiglia. Per ripararsi dall'eruzione, lei e i parenti si erano rifugiati  in un corridoio della loro domus, la Casa del Bracciale d'Oro, ma sono strati tutti uccisi all'istante da una "nube killer" del Vulcano. La donna è strata ritrovata con il figlio in braccio, il quale, in un ultimo tentativo di sopravvivenza, aveva cercato di staccarsi. In mano, la donna stringeva un cofanetto o un sacchetto, contenente alcuni gioielli, quaranta monete d'oro e centottanta  d'argento. Una di esse è davvevo speciale.
Questo piccolo tesoro si trova oggi al Museo Archeologico Nazionale di Napoli. La moneta, con numero d'inventario P 14312/176, è un denario d'argento."



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La fameuse inscription au charbon datée du 17 octobre 79.

               

dimanche 2 septembre 2018

Christophe Charbonnel à Dinard

Le sculpteur nantais Christophe Charbonnel expose jusqu'au 30 septembre à la galerie Calderone, à Dinard. Mais huit de ses statues sont placées dans la ville, sur un parcours à effectuer à pieds, face à la mer.
En bronze ou en résine, il réinterprète les thèmes de la sculpture grecque avec une force qui impressionne l'observateur. 

Pour en savoir plus sur cet artiste : http://www.christophecharbonnel.fr


Poséidon


Thésée et l'Amazone

Athéna

Persée et Méduse


lundi 25 juin 2018

Voici le dernier numéro de notre journal scolaire en latin. Il est écrit par les latinistes de 4B, 4C, 4F et 4G.

Depuis 2016, et une réforme du collège destinée à faire disparaître le latin et le grec, je n'avais plus la possibilité d'effectuer ce projet. Cette année, grâce aux élèves, et à un regain d'optimisme, il renaît dans une nouvelle maquette.

Il est possible d'agrandir les pages en ouvrant une nouvelle fenêtre et en double-cliquant.







mardi 20 février 2018

Genesis

Voici, tirées de mes archives, des planches que j'avais oubliées : une bande dessinée finlandaise traduite avec les élèves de 3ème, il y a quelques années.

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dimanche 11 février 2018

Le cerf-volant dans l'antiquité grecque

L'objet "cerf-volant" n'existe ni en grec ancien, ni en latin. Pline connaît l'insecte, scarabeus lucanus, mais c'est tout. En grec moderne, le cerf-volant se dit χαρταετος ; le dictionnaire de latin moderne  Helfer (Saarbrücken 1991) le traduit par Draco volans

Puisque la chose n'est pas nommée, tous en ont conclu qu'elle n'existait pas.

Or un vase conservé au musée de Naples, et découvert au XIXème siècle à Nole, présente une jeune femme jouant avec une sorte de manche à air, ou peut-être un cerf-volant. 

H. Heydemann présente ainsi ce vase :  "Côté A. Une jeune fille, en chiton et manteau, fait voler un cerf-volant en regardant à droite ; elle court en riant". Ce vase n'est pratiquement jamais documenté ni commenté, seuls quelques rares articles le mentionnent parmi d'autres jeux auxquels les Grecs et les Romains se livraient. 

L'archéologie n'a bien sûr, étant donné la fragilité de ces objets, rien trouvé ; ces jeux, s'ils étaient réservés aux femmes et aux enfants, n'ont pas été représentés en peinture ou fresques, car jugés trop peu dignes d'intérêt. 


Image tirée du livre de Feldhaus F., Die Tecknik der Vorzeit, Leipzig, 1914, colonne 650.

Bibliographie :  

Feldhaus F., Die Technik der Vorzeit, Leipzig, 1914, colonne 650. 
Heydemann H., Die Vasensammlungen des Museo Nazionale zu Neapel, Berlin, 1872, p. 482.
Polge H.,  "La bisémie de fr. « cerf-volant »",  Romania, tome 93 n°372, 1972. p. 563-567.