vendredi 20 mars 2020
samedi 5 octobre 2019
Un peu d'épigraphie latine
Pour tous ceux qui en ignorent l'utilité, ou qui encore considèrent que l'étude en est trop complexe, voici un bref exemple d'épigraphie latine .
IMP NERO CLAVD CAESAR AVG GER P M TR P P P
IMP(ERATOR) NERO CLAVD(IVS) CAESAR AUG(VSTVS) GER(MANICVS) P(ONTIFEX)
M(AXIMVS) TR(IBVNICIA) P(OTESTATE) P(ATER) P(ATRIAE)
Traduction : Imperator Neron Claudius César Auguste Germanicus, Grand Pontife, investi de la puissance tribunicienne, Père de la Patrie.
Cette monnaie est un sesterce de Néron, qui régna de 54 à 68. Sur l'avers Néron est présenté regardant à droite, portant le bandeau hellénistique des empereurs grecs. Outre le profil présenté sans flatterie mais avec le réalisme habituel appliqué aux portraits monétaires de Néron, on distingue les noms et titres qu'il portait.
La titulature impériale romaine est complexe à présenter, car il n'existe pas de titre officiel relatif à ce que nous appelons « empereur », et le nom même d'«empereur» est souvent improprement employé en France pour Rome. C'est la raison pour laquelle ces titres dont on gratifiait les premiers personnages de l'état ont connu des évolutions au cours des siècles de l'Empire. Sous les Julio-Claudiens, une grande part d'usage et d'habitude entrait dans l'octroi de ces titres : ces derniers étaient attribués à chaque nouveau prince, parce que le ou les précédents les avaient reçus.
Les tria nomina sont présents ici, mais le mot Imperator, que César reçut et qu'Auguste reprit, n'est pas un titre mais un prénom. Auguste inaugura la séquence Imperator Caesar Augustus, que nous trouvons reprise ici.
Ce terme d'Imperator très ancien, porté par le Jupiter de Préneste, fait référence à l'imperium dont dispose le souverain. Caesar est le gentilice officiel des empereurs, depuis Auguste. Pour des raisons inconnus Tibère Caligula et Claude refusèrent de le porter.
Le nomen gentile personnel est présent sous la forme du rappel de la gens Claudia, la filiation étant une façon d'affirmer la légitimité du souverain, essentielle dans le cas présent puisque Néron parvint au pouvoir après une adoption par Claude et l'assassinat du légitime héritier, Britannicus. Germanicus est également un rappel de sa filiation, de son père biologique Germanicus, dont le nom glorieux était encore vénéré par les Romains.
Les titres proprement dits devraient commencer par les cognomina ex virtute, mais Néron, n'ayant pas un bilan guerrier remarquable, n'en dispose pas. Peut-être le nom de Germanicus pouvait-il duper certains Romains, et leur faire croire que Néron avait bataillé en Germanie.
Pontifex Maximus est un titre très ancien, porté par César, puis Lépide, Auguste et par la suite tous les empereurs. Présidant le collège des Pontifes, l'empereur disposait d'un vrai pouvoir, en apparence spirituel, mais en fait temporel tant l'imbrication du politique et du religieux est constante dans l'Antiquité. La puissance tribunicienne était attribuée chaque année, c'était une magistrature qui protégeait l'empereur par la sacro-sainteté ; les pouvoirs judiciaires et législatifs du tribun lui étaient aussi accordés.
Néron est enfin Pater Patriae : titre qui existait sous la République, puisque Cicéron l'avait reçu après la Conjuration de Catilina, attribué par le Sénat ; titre purement honorifique, sans pouvoir particulier, il fut même refusé par certains empereurs comme Tibère.
jeudi 30 mai 2019
La bibliothèque humaniste de Sélestat
Partout en Europe les bibliothèques se modernisent, ou plutôt changent de nature et de nom. Elles sont renommées "médiathèques" ; les outils multimédia, les ordinateurs, les digithèques, les vidéothèques, les audiothèques modifient leur fonction première, et gonflent artificiellement les chiffres de la fréquentation. Tous les professionnels le savent, désormais une part importante des utilisateurs (on parlerait plus volontiers de "clients" si l'on usait de l'actuel langage des gestionnaires néolibéraux) n'ouvre jamais un livre.
La merveilleuse bibliothèque humaniste de Sélestat, en Alsace, dédiée au grand Humaniste Beatus Rhenanus (1485-1547) a donc été agrandie, modernisée, transformée en attraction touristique, avec exposition photo, et ordinateurs superflus à foison. Numériser le fonds et l'offrir aux savants de tous les pays ne nécessitait pas qu'on la dénature ainsi. Les livres sont dans des cages de verre, ou sont dématérialisés : un cercueil, aussi moderne qu'il soit, sent toujours la mort.
Voici quelques images, maintenant difficiles à réunir, de l'ancienne bibliothèque.
dimanche 19 mai 2019
Ostiensia 2019
Voici un article du journal La Repubblica annonçant le spectacle de médiation culturelle qui se tient, chaque année, à Ostie, dans le Parco Archeologico.
Les photos sont tirées de l'édition romaine du journal Il Messaggero, sauf les trois dernières qui sont des photogrammes de la vidéo diffusée par la Repubblica.
(La traduction est effectuée par mes soins, j'en appelle à la clémence des lecteurs pour les nombreuses fautes qu'elle contient).
(La traduction est effectuée par mes soins, j'en appelle à la clémence des lecteurs pour les nombreuses fautes qu'elle contient).
Ostiensia, le réveil de l'ancienne Ostie: le spectacle des 18 et 19 mai
L'ancienne Ostie se réveille. Samedi 18 et dimanche 19 mai, de 10h à 18h, les rues les plus commerçantes de l'ancienne colonie romaine s'animeront dès le matin. Des dizaines de bénévoles en tuniques colorées reconstitueront le passé et rouvriront les magasins à l'intérieur des tabernae. Les artisans s'occuperont de travailler le bois, le marbre, les briques et les métaux. Et ils expliqueront les métiers romains aux visiteurs en les associant à la composition d'une mosaïque ou à la réalisation d'une fresque. Parmi les initiatives à ne pas manquer : le pistor, un boulanger avec un moulin et un four (via dei Molini) ; et dans la Via di Diana et le Balconi, approchez-vous de ceux qui proposent le lancement des alea, les dés avec lesquels même l'empereur Auguste s'est plu à jouer. Attractive aussi la présence du faber cervisiae qui, pour l'occasion, va s'occuper de préparer une bière pour les visiteurs. En plus des nombreux magasins ouverts, divers spectacles animeront également les rues de l'ancienne Ostie (à partir de 11h30 et, en reprise, à partir de 15h30) : du marché aux esclaves dans le forum à la frumentatio ou distribution de blé, sur la place des Lari, jusqu'au pugilatus, toujours sur la place mais seulement le dimanche.
Ostiensia, il risveglio di Ostia antica: lo spettacolo il 18 e 19 maggio
Ostia antica si risveglia. Sabato 18 e domenica 19 maggio, dalle 10 alle 18, le strade più commerciali dell'antica colonia romana si animano dal mattino. Decine di rievocatori in tuniche variopinte riaprono le botteghe all’interno delle tabernae. Gli artigiani saranno intenti a lavorare legni, marmi, laterizi e metalli. E spiegheranno i mestieri dei romani ai visitatori, coinvolgendoli nel comporre un mosaico o stendere un affresco. Tra le iniziative da non perdere : il pistor, panettiere provvisto di macina e forno (in via dei Molini) ; e nella via di Diana e dei Balconi conviene avvicinarsi a chi offre il lancio degli alea, i dadi con i quali anche l'imperatore Augusto si dilettava a giocare. Suggestiva anche la presenza del faber cerevisiae, che per l'occasione sarà intento a preparare una birra ai visitatori. Oltre alle numerose botteghe aperte, ad animare le vie di Ostia antica anche diversi spettacoli (dalle 11.30 e, in replica, dalle 15.30) : dal mercato degli schiavi nel foro alla frumentatio, o distribuzione di grano, nella piazza dei Lari, fino al pugilatus, sempre in piazza ma solo domenica.
vendredi 9 novembre 2018
Pompéi en automne
Depuis le 17 octobre de cette année 2018, les organes de presse du monde entier ont découvert que la date de l'éruption du Vésuve n'était pas celle que l'on croyait (le 24 août 79). Un ministre de la culture italien a conduit des journalistes devant une inscription et, vedette d'un jour, a révélé un graffiti daté du 17 octobre 79. Désormais les gros titres fleurissent, et les approximations aussi qui annoncent le 17 octobre 79 comme date de l'éruption, alors que le 17 octobre est la date à laquelle l'inscription au charbon a été écrite sur un mur. Le jour de l'éruption n'a pas changé, c'est toujours le neuvième jour avant les calendes, l'année n'a pas changé, seul le mois doit être corrigé en novembre.
Et alors, sans même être un grand spécialiste de l'histoire romaine, il suffisait de lire quelques ouvrages de vulgarisation scientifique pour savoir déjà, depuis 7 ans, que cette éruption avait eu lieu en octobre. Je ne citerai aucun article d'aucune revue savante, mais simplement le numéro de Décembre 2011 de Sciences et Avenir, dans lequel Alix Barbet, archéologue bien connue de tous les amoureux de Pompéi, avait été interrogée à ce sujet.
Voici l'article :
«On croyait savoir que l'éruption du Vésuve
avait eu lieu le 24 août 79 [neuvième jour
avant les calendes de septembre], mais
des recherches très récentes et un faisceau
d'observations de deux archéologues italiens, Grete Stefani et Michele Borgongino,
permettent d'affirmer que la catastrophe a eu
lieu le 24 octobre 79 », explique Alix Barbet.
Ainsi, plusieurs copies de la lettre de Pline le
Jeune (le neveu de Pline l'Ancien mort à
Stables en voulant porter secours aux sinistrés
du Vésuve), mentionnent le « neuvième jour
avant les calendes de "novembre" », et non de
septembre. Ensuite, les fouilles archéologiques
ont montré que le chanvre destiné aux
semences avait déjà été récolté, et que les
vendanges étaient terminées, au moment de
l'éruption. « Mais la preuve irréfutable provient
de la découverte d'une monnaie », affirme
Alix Barbet. Une monnaie de l'empereur
Titus (39-81), retrouvée dans la maison du
Bracelet d'or, à Pompéi, et qui se réfère
à la 15e
acclamation impériale pour ses
victoires en Bretagne. « Or, ce titre n'existait pas
encore en août 79 car la 14e
acclamation figure
sur deux documents trouvés l'un en Espagne
l'autre en Egypte datés du mois de septembre »,
précise la spécialiste. « Il faut désormais
corriger nos ouvrages et réhabiliter
Dion Cassius, l'historien du IIe
siècle de
notre ère, qui avec raison, a toujours situé
l'éruption après la 15e acclamation de Titus.»
Et puis, pour les amoureux de l'italien, voici quelques lignes tirées du livre d'Alberto Angela, I tre Giorni di Pompei, Rizzoli, 2016, dans le chapitre intitulé "La moneta d'argento in mano". Je choisis de citer la version italienne, car la version française est souvent plus proche du résumé que de la traduction : des pages entières ont disparu, et le ton d'Alberto Angela aussi. Voici en quels termes il décrit la monnaie d'argent de Titus.
"La prova più importante a favore dei sostenitori dell'eruzione nel periodo autunnale è strata ritrovata proprio nelle mani di una vittima, una donna morta assieme alla sua famiglia. Per ripararsi dall'eruzione, lei e i parenti si erano rifugiati in un corridoio della loro domus, la Casa del Bracciale d'Oro, ma sono strati tutti uccisi all'istante da una "nube killer" del Vulcano. La donna è strata ritrovata con il figlio in braccio, il quale, in un ultimo tentativo di sopravvivenza, aveva cercato di staccarsi. In mano, la donna stringeva un cofanetto o un sacchetto, contenente alcuni gioielli, quaranta monete d'oro e centottanta d'argento. Una di esse è davvevo speciale.
Questo piccolo tesoro si trova oggi al Museo Archeologico Nazionale di Napoli. La moneta, con numero d'inventario P 14312/176, è un denario d'argento."
Et puis, pour les amoureux de l'italien, voici quelques lignes tirées du livre d'Alberto Angela, I tre Giorni di Pompei, Rizzoli, 2016, dans le chapitre intitulé "La moneta d'argento in mano". Je choisis de citer la version italienne, car la version française est souvent plus proche du résumé que de la traduction : des pages entières ont disparu, et le ton d'Alberto Angela aussi. Voici en quels termes il décrit la monnaie d'argent de Titus.
"La prova più importante a favore dei sostenitori dell'eruzione nel periodo autunnale è strata ritrovata proprio nelle mani di una vittima, una donna morta assieme alla sua famiglia. Per ripararsi dall'eruzione, lei e i parenti si erano rifugiati in un corridoio della loro domus, la Casa del Bracciale d'Oro, ma sono strati tutti uccisi all'istante da una "nube killer" del Vulcano. La donna è strata ritrovata con il figlio in braccio, il quale, in un ultimo tentativo di sopravvivenza, aveva cercato di staccarsi. In mano, la donna stringeva un cofanetto o un sacchetto, contenente alcuni gioielli, quaranta monete d'oro e centottanta d'argento. Una di esse è davvevo speciale.
Questo piccolo tesoro si trova oggi al Museo Archeologico Nazionale di Napoli. La moneta, con numero d'inventario P 14312/176, è un denario d'argento."
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| La fameuse inscription au charbon datée du 17 octobre 79. |
dimanche 2 septembre 2018
Christophe Charbonnel à Dinard
Le sculpteur nantais Christophe Charbonnel expose jusqu'au 30 septembre à la galerie Calderone, à Dinard. Mais huit de ses statues sont placées dans la ville, sur un parcours à effectuer à pieds, face à la mer.
En bronze ou en résine, il réinterprète les thèmes de la sculpture grecque avec une force qui impressionne l'observateur.
Pour en savoir plus sur cet artiste : http://www.christophecharbonnel.fr
| Poséidon |
| Thésée et l'Amazone |
| Athéna |
| Persée et Méduse |
lundi 25 juin 2018
Voici le dernier numéro de notre journal scolaire en latin. Il est écrit par les latinistes de 4B, 4C, 4F et 4G.
Depuis 2016, et une réforme du collège destinée à faire disparaître le latin et le grec, je n'avais plus la possibilité d'effectuer ce projet. Cette année, grâce aux élèves, et à un regain d'optimisme, il renaît dans une nouvelle maquette.
Depuis 2016, et une réforme du collège destinée à faire disparaître le latin et le grec, je n'avais plus la possibilité d'effectuer ce projet. Cette année, grâce aux élèves, et à un regain d'optimisme, il renaît dans une nouvelle maquette.
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